Pourquoi les jardins, quels types de jardins, et pourquoi aujourd’hui ?  S’agit-il d’un argument marketing désormais incontournable, du retour vers des pratiques anciennes aux nouveaux accents écologiques, d’un réel besoin nourricier pour des populations urbaines précarisées, d’une tentative de renforcement du lien social, … ? Le jardin doit-il être uniquement considéré dans sa dimension horticole, voire environnementale, ou aussi d’un point de vue historique, philosophique, scientifique, sociologique ? En embrassant toutes ces facettes, et en s’autorisant toutes les ambiguïtés, les villes semblent considérer que leurs jardins sont progressivement devenus, ou plutôt redevenus, au cours de ces dernières décennies un thème emblématique de leur transformation, et un puissant levier de leur vie sociale, en liaison avec leurs grands enjeux politiques, économiques, et environnementaux. La place des jardins dans les projets d’aménagement urbains, tout comme dans les « plans verts » et les « plans climats » que conçoivent les métropoles, contribue au développement durable de ces dernières et, par de nombreux aspects, à la lutte contre le réchauffement climatique. Ils constituent des relais efficaces pour la protection de la biodiversité, ils contribuent à la régulation des cycles de l’eau par la perméabilité des sols et génèrent des microclimats. Le besoin de nature se transforme ainsi progressivement en services rendus. Le jardin devient un véritable enjeu pour l’aménagement urbain. Il permet d’envisager un urbanisme plus adapté aux incertitudes de l’époque, plus souple et plus évolutif, plus à l’écoute aussi des citoyens et de leurs attentes.

Festival des Hortillonnages, Amiens, 2014