Depuis une trentaine d’années se développe en Europe un nouveau paradigme d’action sur les espaces publics, fondé sur la recherche d’un meilleur partage de l’espace entre les différents modes de déplacement urbains. Si les transports en commun de surface et le vélo ont longtemps été privilégiés, la marche et le piéton n’ont été pris en compte que plus récemment, alors même que ce dernier demeure l’usager majoritaire des espaces publics, tout au moins dans la ville dense. Dans un nouveau contexte fortement marqué par les exigences en termes de développement durable, la place de la marche prend une place accrue dans les politiques de partage de l’espace. En effet, non seulement la marche est un mode de déplacement en tant que tel, mais elle permet aussi de passer d’un mode de déplacement à un autre, tout en ouvrant sur de multiples usages de la ville, la mobilité s’articulant alors avec d’autres activités comme la consommation, les loisirs, la culture ou encore la détente. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est donc non seulement de faire cohabiter différents modes de déplacement, mais aussi différents types d’usages, en particulier des usages mobiles et des usages non mobiles de l’espace public, et différents types d’usagers : hommes et femmes, adultes et enfants, personnes en situation de handicap, etc.

International Conference on the City, Pedestrian Life, Teheran, March 2012.